Reportages

Cap sur les vitrines interactives !

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« Ma conviction, c’est qu’il y a des kilomètres de vitrines avec des écrans ou des affiches lumineuses dont le même message tourne en boucle, susceptibles d’être utilisées comme vitrines interactives par tout le monde », martèle Olivier Raulot, fondateur et PDG d’iNUI Studio, qui n’exclut pas de conquérir le mobilier urbain. Reportage.

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Olivier, vous êtes à la tête d’iNUI Studio, une société implantée au Technoport qui a mis au point une technologie révolutionnaire pour la navigation sur écrans tactiles (AIRxTOUCH™). Comment est née l’aventure ?

A vrai dire, l’aventure est née quelque part sur un coup de tête. Alors que je travaillais à l’époque dans une grande SSII (ndlr : entreprise de services du numérique), une collègue de l’époque m’a pris au défi de lancer ma propre technologie dans une période où je me réfléchissais déjà à franchir le pas.  Conscient que des technologies nouvelles au niveau des systèmes tactiles et de la reconnaissance de gestes allaient voir le jour, je lui ai proposé dès le lendemain d’ouvrir une structure avec elle, ce qu’elle a accepté.

 

Comment a germé l’idée de développer pareille technologie, aussi avant-gardiste que (très) ciblée ?

C’est en développant des projets technologiques au sein d’iNUI que nous avons constaté que les vitrines commerciales interactives et le mobilier urbain interactif affichaient un potentiel très intéressant, raison pour laquelle nous avons décidé de développer notre propre technologie et hardware. En effet, les technologies mises au point à l’époque par les plus grands acteurs IT mondiaux, qui reposaient sur des caméras infrarouge, ne permettaient pas de répondre aux besoins, à savoir rendre les vitrines interactives.

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Quelles sont les possibilités offertes par cette nouvelle technologie, aujourd’hui comme dans le futur ?

"La technologie AIRxTOUCH™ offre la possibilité aux utilisateurs d’interagir avec des écrans interactifs sans qu’il n’y ait de contact physique à établir entre l’utilisateur et ces écrans". Les avantages de cette technologie sont multiples : outre la problématique de l’hygiène qui ne se pose plus dans l’espace public, cette technologie ouvre de nouveaux horizons puisqu’il est par exemple possible de transférer des informations de l’écran à des supports mobiles tels que les smartphones ou tablettes. De la sorte, tout un chacun peut réaliser des transactions avec les enseignes équipées de cette technologie par le biais d’un écran et son téléphone. Ainsi, d’innombrables nouvelles possibilités commerciales et techniques s’ouvrent aux enseignes de tous types mais également aux services publics.

 

Avez-vous quelques exemples de commercialisation à nous présenter ?

Nous avons créé une application pour une grande marque de vêtements qui permet aux utilisateurs de choisir leur lookbook. Si celui-ci leur plaît, ils peuvent directement le réserver depuis la vitrine. Aux Pays-Bas, IKEA a équipé les vitrines de ses Gift shops avec notre technologie, ce qui permet aux utilisateurs de parcourir le catalogue numérique d’IKEA depuis la vitrine avant de finaliser leur commande au moyen de leur smartphone. En France, deux bars PMU équipés de notre technologie offrent la possibilité à leurs clients de parier depuis l’extérieur du bar.

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Quelles sont les limites de cette technologie, si limites il y a ?

Au niveau des limites actuelles ou plutôt des points d’amélioration, nous avons pour objectif de rendre non seulement les vitrines interactives mais aussi les abris-bus et les bornes d’informations, ce qui implique de miniaturiser toujours davantage notre technologie. Par ailleurs, nous souhaitons multiplier le nombre de points de touch, afin de rendre notre technologie plus opérationnelle encore, comme par exemple rendre possible le zoom à l’aide de deux doigts uniquement comme sur une tablette. Après, on peut toujours aller plus loin en imaginant un système permettant à l’utilisateur d’avoir un « retour de force » sur le clic effectué ou en recourant aux écrans holographiques 3D.

 

Le grand public a découvert cette technologie dans Minority Report, un film de science-fiction de Steven Spielberg qui se déroule en 2054. Au final, la science-fiction rejoint la réalité, et ce, bien plus tôt que prévu…

Effectivement, la technologie débarque bien plus tôt que prévu… et grâce à Minority Report (!), puisque c’est ce film qui m’a donné l’idée de développer cette technologie. Précisons que nous avons souhaité aller plus loin encore en éliminant la contrainte des gants.

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iNUI a été lauréat du prix Cyel (Creative Young Entrepreneur) 2011. Pouvez-vous revenir sur cette prestigieuse distinction ?

Cette prestigieuse distinction nous a été décernée quelques mois à peine après la création de la société, ce qui nous a d’autant plus surpris. Néanmoins, je pense que le caractère vraiment innovant du projet a su séduire le jury, à une époque où il n’était encore pas du tout question de reconnaissance de gestes et où les systèmes tactiles de grand format émergeaient seulement.

Ce prix nous a apporté une crédibilité certaine et par là même des références prestigieuses, notamment dans le secteur bancaire, lequel nous a ouvert ses portes pour l’implantation de notre technologie.

 

Doit-on s’attendre de la part d’iNUI Studio au développement de nouvelles technologies avant-gardistes – type eye-tracking ou reconnaissance de gestes - dans le futur ?

Nous travaillons à l’heure actuelle sur une technologie intéressante qui combine technologie d’interaction sans contact et reconnaissance faciale, que nous appliquons pour l’essai de lunettes en 3D depuis l’extérieur de la boutique des opticiens. Concrètement, l’objectif est de mapper les lunettes 3D sur un vrai visage en temps réel. Aussi, de façon générale, l’objectif à terme est de multiplier les combinaisons de technologies, afin de proposer des expériences nouvelles aux consommateurs. Pour le reste, c’est encore secret…

PhR

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