Interviews

L’évangélisateur de la techno minimale

djriven

Promouvoir la techno minimale au Luxembourg, tel est le maître-mot de DJ Riven, disciple inconditionnel de la scène underground roumaine, qui regrette le retard que le Luxembourg accuse en la matière par rapport aux grandes capitales européennes. Interview.

DJ Riven, avant que l’on ne rentre dans le vif du sujet, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Thierry Loesch, j’ai 28 ans, je suis Luxembourgeois et en train de terminer mes études en sciences de l’éducation à l’Université de Luxembourg. Si tout se passe bien, je devrais être titularisé professeur de lycée technique modulaire l’année prochaine, c’est-à-dire que j’aurais en charge les 12-16 ans qui sont en régime préparatoire.

 

Tu es un DJ local qui jouit d’une certaine notoriété au Luxembourg depuis une dizaine d’années. Comment devient-on DJ ?

La musique a toujours été une passion, et j’y ai investi beaucoup de temps.  A dix ans déjà, j’écumais les tubes tendance de System of a Down, Nirvana ou encore Faithless, mais plus encore les chansons moins populaires, à l’instar de XXX, XXX et XXX. A seize ans, le patron du Deluxe au Grund nous a demandé à un ami et à moi si nous souhaitions mixer dans son bar, proposition que nous avons acceptée. Nous nous sommes alors achetés des platines très basiques pour mixer de la musique commerciale essentiellement.

Nos chemins se sont ensuite séparés. De mon côté, je me suis orienté vers la drum and bass avant de partir à Bruxelles pour mes études où j’ai été introduit à la musique house, underground et techno. Depuis, je n’écoute et ne mixe plus que cela quasiment.

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Tu aimes revenir sur tes débuts en 2000 en affirmant que tu as commencé à mixer sur les platines de ton grand-père…

Effectivement, j’avais trouvé une platine vinyle chez mon grand-père à cette époque-là. Grâce aux nombreux disques de styles différents qu’il avait en sa possession, je me suis amusé à faire des mix un peu déroutants. Ce fut une expérience enrichissante.

 

Tu as décidé en 2013 de viser plus loin en créant avec ton ami Pierre Bellion « Lauter Unfug », un label musical, qui est devenu un des labels musicaux underground les plus connus au Luxembourg, qui héberge de nombreux artistes internationaux. Quelle a été la recette du succès ?

A mon retour de Bruxelles, Pierre et moi avons pu constater avec regret qu’il n’y avait absolument rien au Luxembourg en termes de musique underground électronique. On s’est alors demandé ce qu’on pouvait faire pour développer ce style musical dans le pays. Nous avons alors décidé de faire appel à un ancien modérateur de MTV Allemagne devenu DJ underground, Markus Kavka, très populaire au Luxembourg, pour mixer de la underground lors d’une soirée. Le succès de cette première soirée organisée par Lauter Unfug fut immense, ce qui nous a confortés dans nos projets.

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Comment s’est poursuivie l’aventure ?

Pour chaque soirée, nous avons fait appel à un nouveau DJ international. Nous avons d’abord organisé des soirées au Déclic, puis au Marx et enfin au Studio 21. Dans ce dernier, Lauter Unfung a assuré la gestion complète du programme du club, ce qui a valu au club d’être bondé tous les week-ends. Quant à Lauter Unfug, le collectif est devenu aussi un label et une ASBL en 2015. Le label peut se targuer d’avoir produit une quarantaine d’EP depuis 2015, réalisés par six artistes fixes, moi-même et de nombreux autres participants.

 

Quels sont tes artistes fétiches ?

Auparavant, Jamie Jones, que j’écoutais déjà avant qu’il ne devienne célèbre. Depuis que j’ai « délaissé » la tech-house au profit de la techno minimale, j’affectionne les artistes roumains tels que Raresh ou Priku. Les artistes roumains sont de loin les meilleurs dans la discipline.

 

Quels sont tes bars et clubs préférés au Luxembourg… et pourquoi ?

A part le Soho, il n’y a guère de bars ou de clubs qui m’inspirent véritablement, si ce n’est peut-être le Lenox. Pourquoi ? Parce que le programme musical ne me convainc pas ; il y a au Luxembourg à mon goût encore beaucoup trop de musique commerciale.

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En 2016, ton EP Acid Break a eu un succès retentissant. Peux-tu nous le présenter ?

Si cet album revêt quelque chose d’unique à mes yeux, c’est parce que Tyree Copper, à mon sens un des pionniers de la musique house, a remixé mon album ! Sinon, je dois dire que j’ai une préférence pour mon EP Too tight, qui a d’ailleurs été joué dans de nombreux clubs en Europe, par des DJ connus, ainsi que lors de festivals.

 

Des projets dans les cartons ?

Lauter Unfug étant resté un label house – tech-house, deep house -, "j’ai décidé de le quitter pour créer un autre label spécialisé" dans ma nouvelle passion qu’est donc la techno minimale, et ce, avec l’aide d’un ami. C’est donc un gros projet, mais à ce stade, je ne peux malheureusement pas encore en dévoiler plus.

PhR