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Seed to Tree : Un troisième opus… et des lettres de noblesse

SeedToTree

Après un deuxième EP très réussi, le quintet revient à la charge avec un album
encore plus intimiste et plus sophistiqué, Unconcerned, qui place définitivement le
groupe au premier rang des artistes musicaux luxembourgeois. Interview.

Tout d’abord, comment le nom du groupe, Seed to Tree, vous est-il venu à l’esprit ?
Nous avons été touchés par le message véhiculé par la chanson Seed to a Tree de Blind Melon,
groupe de rock américain des années 1990. En effet, nous aussi, nous pensons que c’est
l’expérimentation qui conduit au résultat, et que dans la vie, il faut oser, il faut faire par soi-même. Et
c’est précisément la philosophie du groupe.

Comment a démarré l’aventure ?
Georges et Ben, les chanteurs et guitaristes du groupe, se connaissent depuis longtemps et ont
décidé en 2009 de faire de la musique tous les deux, bientôt rejoints par Michi, le batteur. Tous trois
ont rapidement laissé de côté les reprises pour composer leurs propres chansons, la motivation
première du groupe étant d’exprimer sa créativité.
Les choses sont ensuite allées très vite puisqu’un ami de Ben, Daniel Krahm, producteur, a souhaité
travailler avec nous. C’est lui qui a donné un véritable élan au groupe, car, grâce aux enregistrements
et à nos passages à la radio, nous avons rapidement gagné une certaine notoriété au niveau national.
Parallèlement, nous avons fait la connaissance d’Adam Walter, notre manager actuel. Précisons
qu’au départ, rien n’avait été planifié, et nous avons nous-mêmes été surpris de la dynamique qui se
mettait en place.

En effet, vous avez directement frappé très fort avec votre premier opus, Seed to Tree, dont le
single Broken Down est resté 16 semaines dans les charts nationaux…
Le courant pop folk était particulièrement en vogue à ce moment-là avec Mumford & Sons, ce qui a
permis à Broken Down de faire un carton à la radio. On peut dire que cette chanson nous a
véritablement lancés.
En fait, nous n’avons pas vraiment eu le choix [sourires]. Daniel et Adam, qui ont tous les deux vu un
gros potentiel en nous, nous ont très vite mis en contact avec les organisateurs des plus grands
festivals du pays, lesquels ont cru en nous et nous ont donné notre chance. Aussi, lorsque vous êtes
directement jeté dans la fosse aux lions, vous n’avez pas le temps de vous poser des questions, vous
faites, tout simplement, pour ne pas prendre le risque de décevoir. Nous avons donc d’emblée
travaillé très dur, et c’est très vraisemblablement ce qui explique ces bons résultats précoces.

Les tonalités du groupe sont souvent comparées à celles de Damien Rice, Of Monsters and Men ou
encore de Mumford & Sons, que vous citiez justement. Quel regard portez-vous sur ces
affirmations ?
Nous sommes bien sûr honorés par ces comparaisons, mais les réfutons dans une certaine mesure,
pour la simple raison que notre style musical a beaucoup évolué au fil du temps, et que, dès lors, il
est assez difficile de nous ranger dans une case.
S’il fallait néanmoins trouver le groupe qui se rapproche le plus près de notre musique en général,
nous nommerions alors Bombay Bicycle Club.

Le deuxième album, Wandering, est sorti en 2015, et témoigne d’une maturité plus grande encore,
avec des mélodies très riches. Fidèles à vous-même, chaque chanson arbore des tonalités qui lui
sont propres. Quelle est la recette de cette inspiration si généreuse ?
En 2013, Jean-Marc - au clavier - et Bennie – à la basse - ont à leur tour rejoint le trio. Depuis lors,
l’implication des cinq membres est totale dans la composition de chaque chanson. Cela nous permet
d’aboutir à une musique plus complète et plus complexe, même si c’est parfois plus compliqué.
Dans cette mesure, le deuxième album a été plus difficile à composer que le premier. Certaines
chansons de l’album existaient déjà avant le début de sa conception, mais n’étaient pas encore
mûres. Toute la difficulté dans la musique réside dans le timing.

Au niveau des messages, que doit-on principalement retenir de vos chansons ?
Au-delà de toutes les frontières nationales et politiques, il y a quelque chose de commun dans
chacun d’entre nous sur terre, ne serait-ce que le fait que nous vivons tous les mêmes expériences
de vie. C’est en premier lieu ce message d’universalité que nous cherchons à véhiculer au travers de
nos textes.
Parallèlement, nous invitons les Hommes à la tolérance, à accepter les différences qu’il peut y avoir
entre eux. Enfin, pour finir, toujours selon nous, la vie, c’est aussi une histoire de rencontres fortuites
qui façonnent l’existence et qui sont une source d’inspiration inépuisable pour des musiciens.

Vous avez sorti un nouvel EP en toute fin d’année dernière, Unconcerned. Comment le situeriez-
vous par rapport aux deux premiers ?
Pour la conception des deux premiers albums, nous avons connu de gros épisodes de stress, ce qui a
été beaucoup moins le cas pour le dernier. Nous avons d’ailleurs réenregistré l’album, de sorte que
chacun d’entre nous s’y retrouve.
Pour répondre à ta question, sans doute que ce dernier opus est moins folk, plus indie. Les chansons
sont plus sophistiquées, mieux jouées, et il y a davantage de finesse technique ; nous estimons avoir
évolué à tous les niveaux

Pour finir, quel message souhaiteriez-vous transmettre à nos lecteurs pour cette toute nouvelle
mouture du LuxByNight ?

Il y a selon nous deux messages importants. Le premier, c’est de foncer et de persévérer, car le jeu en
vaut généralement la chandelle. Le deuxième message est plus terre à terre : intéressez-vous à la
musique luxembourgeoise, car elle mérite le détour, incontestablement. En effet, beaucoup
d’initiatives voient le jour, mais pour cela, il faut un public.
PhR

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