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Un premier opus à mi-chemin entre blues et rock

LuxByNight

Pure « blues band » à ses débuts, le sextet Heavy Petrol a viré vers des sons plus rock avec l’arrivée du jeune guitariste Steve Richer et du batteur Dan Juchem. Le groupe vient de sortir son premier album, Petrol Train, qui oscille entre tonalités blues et rock savamment distillées. Interview de Steve Richer et d’Elise Nunes.

 

Comment est née l’aventure Heavy Petrol ?

Steve Richer : Heavy Petrol a été fondé en 2011 par cinq musiciens qui ont décidé d’unir leurs talents pour fonder un groupe de blues. Les cinq fondateurs du groupe sont le chanteur Woody Bruns, les guitaristes Gigi Felten et Dan Eiffner, le bassiste Dan Kries et le batteur Konny Trost.

A la base, ce sont Dan Eiffner et Dan Kries, deux amis de longue date, qui sont les instigateurs du projet. Konny Trost et Dan Eiffner ont fait le choix de quitter le groupe et ont laissé la place respectivement à Dan Juchem et à moi-même. La dernière « recrue », qui porte le groupe à six membres, est la chanteuse Elise Nunes. Elise compose les textes avec Woody et apporte une touche de féminité au groupe. Précisons toutefois que la composition des textes et de la musique se fait sur une base très collégiale.

Nous pouvons nous considérer comme un groupe semi-professionnel, dans la mesure où nous nous produisons en moyenne 20-25 fois dans l’année, jusqu’à présent au Grand-Duché uniquement.

 

Quel est votre style musical ?

Elise Nunes : Au départ, Heavy Petrol était une pure « blues band ». L’arrivée de Dan Juchem et de Steve a quelque peu réorienté le style musical, qui tend désormais davantage vers le rock. Aujourd’hui, on peut clairement cataloguer Heavy Petrol dans le registre musical « blues-rock ». Soulignons toutefois que certaines compositions sont assez jazzy ou folk.

Heavy Petrol affiche deux particularités qui le distingue des autres blues bands luxembourgeois, à savoir que le groupe écrit ses propres chansons et qu’il forme un duo de chanteurs mixte.

 

Vous venez tout récemment de sortir votre premier album, Petrol Train. Quel accueil a-t-il reçu ?

Steve Richer : Effectivement, Petrol Train vient tout juste de sortir (NDLR : soit le 26 mai, quelques jours avant l’interview). Nous l’avons présenté à la Kulturfabrik le 26 mai où nous avons donné un concert d’un peu plus de 2h30. Nous avons consacré la première moitié du concert à l’album uniquement, tandis que nous nous sommes entourés d’artistes connus tels que Remo Cavallini et Irina Holzinger, entre autres, pour jouer des reprises de Jimmy Hendrix, des Doors ou encore d’Eric Clapton dans la deuxième partie. Quant au public, il nous a semblé très enthousiaste !

 

Comment ce premier album a-t-il vu le jour ?

Steve Richer : En tant que groupe semi-professionnel, il nous fallait tout d’abord pouvoir récolter des fonds si l’on voulait enregistrer et produire un album. Nous avons donc fait appel au crowdfunding en mai 2016, une initiative qui a été couronnée de succès. Nous n’avons pas brillé par notre créativité les premiers temps, mais avons su rattraper le coche dans les derniers mois avant l’enregistrement en studio.

 

Quelles sont les tonalités de l’album, la teneur de ses textes ?

Elise Nunes : Les grandes influences de l’album pour la musique sont Jimmy Hendrix, Howard Johnson et plus encore Eric Clapton, dont nous sommes les plus grands fans. Si toutes les chansons sont électriques, Fullgas Breaker, en revanche, est une chanson qui s’inscrit dans la plus pure tradition de ce qui se fait en matière de musique acoustique.

Au niveau des textes, il y en a un peu pour tous les goûts. Si la chanson Petrol Train, qui a donné son nom à l’album, est une ode à l’évasion - elle évoque l’histoire d’un train qui traverse une ville pour faire passer du bon temps à ses habitants -, Better to Blame relate l’histoire d’un homme qui a raté sa vie. Let it Burn est quant à elle une mise en abîme, puisqu’elle traite de la musique en tant que tel.

 

Comment voyez-vous l’évolution de votre groupe avec les années ? Avez-vous d’autres projets dans les cartons ?

Steve Richer : Nous nous sommes fixés plusieurs objectifs. Tout d’abord, nous avons pour ambition de dépasser à l’avenir les seules frontières luxembourgeoises pour nous produire dans l’ensemble de la Grande Région, mais pas au-delà.  Ensuite, nous envisageons de composer de nouveaux morceaux dès la rentrée en vue de la sortie d’un deuxième album en 2018, même si à l’heure actuelle, nous n’avons pas encore d’idée précise à son sujet. Nous n’avons en revanche pas vocation à changer ou compléter l’équipe, qui est très complémentaire et bien rodée maintenant.

 

Est-il possible au Luxembourg d’être artiste et de ne vivre que de son art ? Les autorités soutiennent-elles assez la création artistique ?

Elise Nunes : Ne vivre que de son art reste très compliqué au Luxembourg, même si les artistes sont soutenus par l’Etat, notamment au travers de la Sacem (NDLR :  société de gestion collective, des droits d'auteur, pour les auteurs, compositeurs et éditeurs au Luxembourg) et du Focuna (NDLR : Fond Culturel National). L’Etat a certes prévu un statut d’artiste professionnel, mais les conditions liées à ce statut sont assez exigeantes. Que dire de plus sinon qu’on peut toujours faire mieux…

 

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